SEPTEMBRE R. Hummel & M. Feltin 2014

QUE SE PASSE-T-IL A L’INTERIEUR DE LA RUCHE

Les premières feuilles commencent à jaunir, preuve que l’automne arrive à petits pas. Le matin, les températures sont fraiches et la rosée du matin a fait son apparition. Dans la journée, lorsque le soleil est présent, on frôle les 20-25°, mais on sent bien que l’été est fini. Les abeilles profitent de ces dernières belles journées pour rentrer des réserves de pollen. Des abeilles d’hiver naissent maintenant tous les jours, les faux-bourdons ont presque totalement disparu et les abeilles d’été diminuent elles aussi petit à petit.

CE QUE DOIT FAIRE L’APICULTEUR SUR LES RUCHES

C’est la fin de la saison apicole, alors si ce n’est déjà fait, il faut profiter de ces dernières belles journées pour faire votre visite d’automne. Rappelons les points importants à surveiller lors de cette dernière visite.

Ce qui doit être vérifié pour l’hivernage :

    • Les réserves : il faut compter 15 kg par ruche (compter quelques kg de plus pour les Frère Adam)

    • Le couvain des abeilles d’hiver : 2 à 3 cadres de couvain doivent être présents.

    • Le couvain pas forcement placé au milieu de la ruche doit être sain et bien compact.

    • La ruche doit être bien peuplée car un grand nombre d’abeilles d’été sont encore présentes et c’est elles qui doivent finir les derniers travaux avant l’hiver.

Visite d’automne :

Cette visite est la première étape de l’hivernage, ce qui veut dire que c’est la dernière fois avant le printemps prochain que la ruche sera ouverte. Lors de l’ouverture, on en profite pour gratter la propolis et la cire déposée sur les lanières Apivar® si c’est votre traitement anti varroa.

Comme nous l’avons déjà dit en août, les petites colonies (essaims secondaires ou tertiaires de l’année) n’ont pas eu le temps de faire assez de réserves, alors si vous êtes un apiculteur attentionné avec vos abeilles, vous avez pris soin le mois dernier au moment de la récolte de garder quelques cadres de miel bien garnis que vous donnerez à ces essaims. Sinon il faut les nourrir encore et encore avec au minimum une quinzaine de kilos de sirop lourd. Si vous leur donnez des cadres de miel et que vous estimez les réserves suffisantes, contentez-vous de les nourrir avec du sirop 50-50 pour stimuler la ponte de la reine, leur apporter leur besoin quotidien et si y a de l’excédent, il sera stocké.

Durant cette visite on en profitera (après avoir vérifié que les petites colonies ont assez de nourritures) pour resserrer la colonie dans un volume en relation avec sa grosseur. Une petite colonie hivernera mieux dans un petit volume de ruche, c’est pour cela que l’on mettra en place des partitions afin de réduire le volume.

Soigner d’éventuelles maladies :

Observez aussi les langes et les planches de vol pour détecter d’éventuel signe de maladie noire (abeilles noires et luisantes sur la planche de vol) ou de noséma (déjections sur les langes ou la planche de vol), car les abeilles doivent hiverner en bonne santé sinon…

Quand on parle de noséma, il serait plus juste de parler de dysenterie ; car la première est une maladie qui se soigne avec des produits spéciaux au thymol et aux polyphénols, alors que la seconde n’est qu’un état passager dû à un régime alimentaire inadapté. Pour soigner cet état, il suffit quelquefois d’acidifier au vinaigre de cidre un sirop 50-50 et de les nourrir ainsi durant une dizaine de jours. Le vinaigre de cidre améliore le transit de l’abeille et arrange la plupart du temps le problème. Si le problème persiste après une dizaine de jours, il est probable qu’il s’agisse de la nosémose, il faut alors réagir immédiatement et faire un traitement avec Hivealive®, Nozevit® ou autre afin de diminuer le nombre des spores de la maladie avant l’hiver.

La maladie noire est très souvent due à un manque de protéines et à une nourriture composée de miellat. Là aussi, il faut leur donner un sirop léger (50-50) tiède enrichi en protéine. Ces protéines hydrosolubles se trouvent facilement chez tous les revendeurs de matériel apicole.

Important : Ne mélangez pas le vinaigre de cidre et les protéines car l’acidité du vinaigre ferait précipiter les protéines. Si vous voulez faire les deux traitements sur la même ruche, il vaut mieux alterner les traitements.

Nourrissement :

Comme on l’a expliqué le mois dernier, un nourrissement stimulant (ou spéculatif) est fait principalement pour stimuler la ponte de la reine afin d’augmenter le nombre d’abeilles de la ruche. Le sirop léger (50 :50) utilisé à cet effet est consommé en totalité et ne sert pas à étoffer les réserves de la colonie. Le sirop lourd (60 :40, 70 :30 ou 75 :25) au contraire est stocké directement après sa transformation par les abeilles et est donné aux colonies fortes devant garnir encore quelques cadres pour atteindre les 15 kg de réserves. Tout dépend de la météo automnale, mais le mois de septembre est souvent la dernière chance de former de grosses colonies pour l’hiver et de compléter les réserves hivernales.

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Mis à part le lierre, quelques balsamines et quelques fleurs de jardin tel que les asters et anémones, il ne reste plus grand chose à butiner.

Faire la visite d’automne. Gratter et replacer les lanières Apivar®. Faire le point pour chaque ruche. Stimuler la ponte des abeilles d’hiver avec du sirop 50-50. Nourrir au sirop lourd pour étoffer les réserves. Donner les cadres de nourriture aux ruches trop peu fournies. Soigner si nécessaire.

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Les abeilles doivent être nombreuses et en bonne santé pour bien hiverner. Plus elles seront nombreuse plus il leur sera facile de chauffer la grappe. Une petite grappe devra consommer plus pour chauffer la grappe. Une ruche consomme en moyenne 100 g de provision par jour, 15 kg suffiront donc à les nourrir pendant 5 mois jusqu’en février prochain.

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Moyennes des températures mini. : 10°C. Moyennes des températures maxi. : 22°C. Moyennes mensuelles de pluie : 5.1 mm. Nombre moyen de Jours de pluie : 8 jours. Nombre moyen de Jours de neige : 0 jour.