JUILLET R. Hummel & M. Feltin 2014

QUE SE PASSE-T-IL A L’INTERIEUR DE LA RUCHE

Il fait beau et chaud. Très souvent les températures dépassent les 30°C et les sols desséchés ne sont pas vraiment idéals pour la flore. Nos abeilles se débrouillent malgré tout pour trouver quelques espèces qui peuvent leur fournir un peu de nectar et de pollen. Mais insuffisamment pour nourrir toute la colonie, aussi les réserves de miel, vont-elles bientôt être entamées. Il reste bien encore un peu de châtaigner, mais à part cela les ressources deviennent rares. La reine diminue déjà sa ponte.

CE QUE DOIT FAIRE L’APICULTEUR SUR LES RUCHES

C’est la fin de la saison apicole qui approche et les premières récoltes vont avoir lieu mi ou fin juillet, les dernières seront réalisées mi-août. Il ne faut pas trop tarder, car n’oubliez pas qu’après la récolte, il faudra faire lécher les cadres, puis faire le traitement anti-varroa.

La récolte :

Souvent fin du mois de juillet, un trou dans la miellée provoque une période ou peu de nourriture est disponible et si vous récoltez à cette période, prenez soin de ne pas laisser trainer la moindre goutte de miel. En cette période de disette la moindre odeur de miel excite les colonies fortes qui dévalisent alors les colonies plus faibles ou les nucleï. Il est prudent de réduire les trous de vol durant la récolte, cela permet aux ruches de se défendre plus facilement contre les pilleuses. Pour pouvoir récolter, Il faut bien entendu être sûr que le miel soit operculé, sinon il faudra attendre encore. La récolte est un plaisir ou une corvée pour l’apiculteur. En ce qui me concerne, c’est un crève-cœur de voler à mes abeilles le fruit d’une saison de travail, mais c’est un plaisir de voir couler ce miel doré de l’extracteur. On choisira une belle journée sèche et chaude avec des températures de 25-30°C pour récolter. L’extraction se fera dans un local sec et chaud assez éloigné des ruches pour ne pas être envahis par les abeilles. On procèdera ruche après ruche et si les ruches sont nombreuses, on commencera par une ruche à une extrémité du rucher, puis on passera à une ruche à l’autre extrémité du rucher. Quand on reviendra à la première extrémité pour récolter la troisième ruche, la première ruche se sera calmée et ainsi de suite. La hausse est enfumée afin de faire descendre un maximum d’abeilles, puis les cadres sont sortis avec soin de la hausse en faisant attention de ne pas écraser les abeilles. Pour enlever les abeilles du cadre, une méthode consiste à secouer le cadre au-dessus de la hausse pour en faire tomber les abeilles. Pour cela, on tient solidement le cadre d’une main et de l’autre main, on donne des coups forts et secs sur le dessus de la main qui tient le cadre. Les quelques abeilles restants sur le cadre sont brossées délicatement. Les cadres sont stockés dans un récipient pouvant être fermé afin que les abeilles ne l’envahissent pas. Bien sûr durant la récolte, on prendra soin de ne pas souiller les environs de la ruche avec du miel, car comme on l’a dit plus haut, en cette période de disette la moindre odeur de miel rend les abeilles pilleuses. Pour cette même raison, après extraction, les cadres seront remis à lécher dans la ruche le soir même, peu de temps avant la tombée de la nuit. Pour ne pas transmettre d’éventuelles maladies, il vaut mieux remettre les cadres sortis d’une ruche dans la cette même ruche toujours en prenant bien soin de ne pas écraser les abeilles qui en principe sont massées sur le bas et sur les côtés de l’intérieur de la hausse. Selon l‘époque de la mise en place de la hausse, même si l’environnement de la ruche est le même, on aura un miel diffèrent. Ainsi, une hausse mise très tôt dans la saison, donnera plutôt un miel de fleurs, alors qu’une hausse mise au mois de juillet donnera plutôt un miel de forêt. Chacun procède comme il l’entend bien sûr, mais en ce qui me concerne j’aime bien récolter le miel hausse par hausse en séparant le miel récolté dans chaque hausse.

Conservation de quelques cadres garnies :

On en reparlera au mois d’octobre, mais certains apiculteurs après la récolte du miel d’été, transhument leurs ruches dans des forêts de sapins pour une dernière miellée de sapin. Le miellat de sapin, selon les régions, l’altitude et le temps est en général récolté par les abeilles de fin-juillet à mi-septembre. Cette miellée tardive décale bien sûr toutes les taches planifiées et notamment le traitement anti varroas. Il est impératif de ne pas hiverner ces ruches avec du miellat de sapin très indigeste pour les abeilles. De même, Il ne faut pas leur faire lécher les cadres de miellat après extraction. L’idéal est de leur rendre un partie du miel de printemps prélevé avant la transhumance et de compléter en nourrissant avec du sirop lourd. A cet effet, au moment de la récolte, pensez à garder quelques cadres de miel bien garnis pour combler le manque de nourriture éventuel de certaines ruches, pour aider des essaims tardifs ou pour créer des nucleï début de l’année prochaine. Les cadres de miel operculés se conservent facilement et peuvent être extraits plus tard si on ne les utilise pas.

Nourrissement des essaims tardifs :

Comme nous l’avons dit plus haut, si vous avez eu des essaimages tardifs (fin juin ou début juillet), ceux-ci auront du mal à faire des réserves pour l’hiver et plus encore s’il s’agit d’essaims secondaires. Juillet, août ne permettent pas ces jeunes colonies de rentrer assez de provisions. A moins d’avoir l’intention de les réunir, il est conseillé de commencer le nourrissement dès le mois de juillet. Cela permet de faire construire encore quelques cadres en stimulant les cirières, cela permet aussi de stimuler la ponte de la reine et surtout cela permettra à la colonie de faire des réserves. Mais attention nourrissez uniquement au sirop de sucre à la tombée du jour. Du miel pourrait exciter les ruches voisines et entrainer des pillages.